Allergie au blé: faire le bon diagnostic

  1. Dr. Schär Institute
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Arm haut Prick Test

Pour diagnostiquer l’allergie au blé, on recommande au patient de noter les troubles ressentis, puis d’effectuer une recherche des IgE et un prick test cutané. Il faut écarter une maladie cœliaque qui présente cliniquement des symptômes similaires à l’allergie au blé. En cas de résultats négatifs, on envisagera une sensibilité au gluten non cœliaque.

Les tests disponibles ne permettent pas toujours de diagnostiquer correctement l’allergie au blé. Il s’avère donc nécessaire de distinguer l’allergie au blé des pathologies ressemblantes que sont la maladie cœliaque et la sensibilité au gluten non cœliaque.
Le diagnostic de l‘allergie au blé se déroule comme celui des autres allergies. Dans un premier temps, il faut mettre en évidence grâce au journal de bord tenu par le patient et l’anamnèse, les symptômes de l‘allergie au blé ; dans un deuxième temps on pratiquera un test des anticorps spécifiques IgE puis un prick test cutané. Si les symptômes ressemblent à ceux de la maladie cœliaque tels que crampes abdominales, diarrhées, ou nausées, il convient d’abord d’exclure la malade cœliaque.

Endoscopie et Histologie de l’allergie au blé

Si les résultats des tests à l’allergie au blé et ceux de la maladie cœliaque ne sont pas clairs, on effectuera pour plus de certitude une endoscopie et une biopsie. Comme pour toutes les autres allergies, ces examens permettent de déceler un large spectre de manifestations en cas d’allergie au blé ; cela part d’un bilan normal concernant les valeurs de l'infiltrat éosinophilique, une augmentation des lymphocytes intra-épithéliaux (Marsh 1), une hyperplasie nodulaire avec une augmentation des follicules lymphoïdes jusqu’à des formes rares d’ulcérations et d’altérations villositaires – surtout chez les enfants en bas âge. La maladie cœliaque très facile à dépister grâce aux résultats de la biopsie.

Eviction du blé – avant ou après le diagnostic ?

Pour garantir la fiabilité des résultats des tests, un changement d’alimentation, et donc un régime sans blé, ne sera mis en place qu’une fois le diagnostic de l’allergie au blé posé. Le diagnostic de la maladie cœliaque doit avoir été exclu avant la mise en place d’une éviction du blé grâce à une sérologie négative de la maladie cœliaque. Le gold standard du diagnostic des allergies alimentaires résident dans la régression voire la disparition des troubles grâce à une suppression complète des allergènes assortie d’une exposition aux aliments incriminés, en double aveugle, avec contrôle de l’effet placebo. En cas d’antécédents de réaction immédiate grave et d’un dosage positif en IgE spécifiques, il faut renoncer au test de provocation qui mettrait en danger la vie du patient. Il importe d’envisager aussi qu’il existe des cas d’allergie au blé à médiation IgE. Dans ce cas précis, il se peut que le patient ne supporte pas d’autres céréales contenant du gluten comme le seigle ou l’orge.

Arbre décisionnel pour le diagnostic de l’allergie alimentaire Ige dépendante d’après ardelean-jaby

Une fois exclue la maladie cœliaque, on mettra en place le protocole de dépistage pour l’allergie au blé :

   a) Procéder à une enquête alimentaire et inscrire les troubles dans un journal de bord, pendant 7 jours

   b) Effectuer un Prick test + test épicutané

   c) Effectuer un test des IgE spécifiques dirigés contre le blé

 

Les limites des tests aux anticorps IgE

Les dosages d’IgE spécifiques disponibles pour le blé sont :

 

– blé (f4) mais qui ne dose pas les IgE vis-à-vis des prolamines ;

– gluten (f79) qui serait positif chez deux tiers des enfants avec allergie IgE-médiée au blé ;

– gliadine (f98) ;

– rTri a 14 LTP (f433) qui ne serait positive qu’en cas de sensibilisation au blé et non en cas de sensibilisation aux graminées fourragères ;

– rTri a 19 oméga 5 gliadine (f416) très utile pour le diagnostic d’anaphylaxie au blé suite à un effort après ingestion de blé. Mais cette IgE spécifique est aussi positive en cas d’allergie IgE-médiée au blé, sans anaphylaxie induite par l’exercice. Le résultat des IgE est à confronter à la clinique et au résultat des prick-tests. Quand tous les éléments concordent, la probabilité diagnostique est suffisante pour éviter de faire un Test de Provocation par voie Orale (TPO) afin d’affirmer le diagnostic.

Diagnostic différentiel de l’allergie au blé

L'allergie au blé doit être bien différenciée des autres allergies, notamment des allergies aux autres céréales et de l’allergie au soja car ce dernier est souvent présent dans différentes sortes de pain et de pâtisseries. Et, on doit toujours exclure la maladie cœliaque. Si les tests effectués dans le cadre du diagnostic ne mettent pas en évidence une maladie cœliaque ou une allergie au blé, on peut alors soupçonner une sensibilité au gluten non cœliaque.

Envisager aussi une sensibilité au gluten non cœliaque!

Si aucune maladie cœliaque et aucune allergie au blé n’ont été décelées et si une éviction du blé apporte une régression des symptômes, il faut envisager une sensibilité au gluten non cœliaque (SGNC) aussi appelée « sensibilité au blé non cœliaque - non allergique ». Jusqu'à présent, on n’a pu démontrer l’existence d’une SG-NCque par éliminations successives puisque qu’il n’existe aucun test adéquat.