La maladie coeliaque (MC) serait associée à des troubles psychiatriques chez l’enfant

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Butwicka A et coll. : Celiac disease is associated with childhood psychiatric disorders: a population-based study. J Pediatr., 2017; 184: 87-93

La MC est une maladie auto-immune, dont la prévalence est de 1-2 % adultes et enfants confondus, déclenchée par le gluten chez des sujets génétiquement prédisposés, entraînant une atrophie villositaire intestinale.

Chez l’adulte il a déjà été constaté une association entre maladie cœliaque et troubles de l’humeur, suicide, mais pas de psychose ; ces pathologies précèdent ou pas le diagnostic de la MC. Chez l’enfant, l’augmentation du risque des maux de tête, de neuropathie et d’autisme pourrait être associée à la maladie cœliaque mais aucune autre pathologie psychiatrique n’a été étudiée. Or intervenir le plus tôt possible, en évitant toutes molécules nuisibles pour le cerveau, est important au stade précoce de son développement chez l’enfant.

Résumé de la méthodologie de l’étude.

Le département d’épidémiologie de Stockholm (Suède) a récolté les données de 28 laboratoires d’anatomie pathologique concernant les atrophies villositaires sévères (Marsh stade 3) diagnostiquées entre 1969 et 2008. Ainsi 29096 cas où été trouvés mais seulement 10 903 patients au-dessous de 18 ans est nés à partir de 1973 ont été retenus ; en effet c’est seulement à partir de cette date que les risques psychiatriques ont été évalués et inscrits dans les dossiers patients.

Cette cohorte a été comparée à celle des 12 710 frères et sœurs sans maladie cœliaque déclarée avant 18 ans. Le risque de maladies après maladie cœliaque diagnostiquée et celui dans la fratrie a été estimée par régression de Cox (*).L’âge médian de la biopsie se situait  à 3 ans et deux tiers des patients étaient féminins. Le suivi médian a été de 9.6 années pour les coeliaques et de 17,9 années pour la fratrie.

Résultats

Au cours du suivi, 843 diagnostics de troubles psychiatriques ont été portés chez des enfants atteints de maladie cœliaque soit 7.7%. Pour comparaison avec la population générale, le risque est augmenté de 1,4 en cas de MC. Et ceci après ajustement avec l’âge parents au moment de la naissance, du pays de naissance, du niveau d’éducation des parents, du temps de gestation, du poids de naissance, de l’évaluation de la vitalité au moment de la naissance et des antécédents familiaux en psychiatrie.

Les troubles les plus à risque en cas de MC sont : troubles de l’humeur, anxiété, troubles alimentaires, du comportement, de l’attention/ hyperactivité, autisme et déficit intellectuel. Les diagnostics des troubles de l’alimentation, du comportement et de l’humeur étaient plus représentés avant celui de la MC. Concernant la fratrie de ces enfants, aucune augmentation du risque n’a été détectée pour les troubles étudiés.

Les chercheurs analysent quelques biais dans leur étude comme les nouveaux critères de diagnostic de la MC introduite en 2012, ceux de la psychiatrie de l’enfant et pour la fratrie, le fait d’avoir moins été exposé au gluten de part la consommation d’une alimentation sans gluten au sein d’une famille dont l’un des membres est cœliaque.

Conclusion

Les auteurs concluent que les enfants atteints de maladie cœliaque ont un risque augmenté d’avoir des troubles psychiatriques probablement liés aux effets biologiques et/ou psychologiques de la maladie

(*)La régression de Cox (modèle à risque proportionnel) permet d’étudier, en statistiques, le temps écoulé avant qu'un événement ne survienne. Historiquement, dans le modèle de Cox, cet événement est le décès de l'individu mais, l'utilisation du modèle s'est étendue à d'autres situations,  comme la récidive d'une maladie, une guérison…

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